Développer sa propre sécurité intérieure en tant que femme

J’ai toujours aimé la présence d’un homme à mes côtés. Celle de mon père, d’amis ou de compagnons passés. Sans arriver à comprendre pourquoi, sans arriver à poser de mots dessus, je me sentais rassurée en leur présence. Apaisée. 

Ce n’est qu’aujourd’hui, que je comprends que c’est une sensation de sécurité. 

C’est ce que j’adorais, d’ailleurs, avec mon ancien compagnon : je me sentais sécurisée, en sa présence. 

Je me sentais plus à l’aise dans la maison, dès qu’il était là. 

Je me sentais protégée quand on se baladait en montagne. J’avais la sensation qu’il ne pouvait rien m’arriver. 

Je me sentais protégée rien que par sa présence. 

Si j’avais un problème de voiture, je savais que je pouvais l’appeler, et qu’il répondrait. 

Si j’avais envie de me confier, je savais que je pouvais lui parler, et qu’il m’écouterait. 

C’était tellement rassurant. D’avoir quelqu’un qui « gère » la situation, qui gère la relation. D’avoir une soupape de sécurité. Quelqu’un à appeler, en cas de besoin. Quelqu’un de toujours présent. 

J’avais la profonde sensation de pouvoir me laisser aller, de lui laisser cette responsabilité. Et je crois qu’il aimait ça, cette capacité à gérer. Cette capacité à apporter un socle solide. À être un roc, une personne à qui se raccrocher. 

Même après notre rupture, lorsque l’on me demandait ce que je recherchais chez un homme, je répondais sans cesse : « un homme qui me fasse me sentir en sécurité, qui me pose un cadre, car toute seule je n’y arrive pas ». 

Pour être honnête, c’est toujours quelque chose que je recherche. Un homme qui gère. 

Je crois comprendre, désormais, ce qu’il y a derrière : un homme stable, qui sait où il va, un homme qui sait qui il est. Car c’est ça, aussi, qui est terriblement sécurisant. 

Alors quand je me suis retrouvée sans homme dans mon entourage proche, il y a quelques mois, j’ai voulu essayer de développer cette même sécurité, en moi-même. J’essaye encore, d’ailleurs. 

« Développe ta sécurité intérieure ». On l’entend souvent, cette phrase. Qu’est ce que je ne la comprenais pas. 

Je ne comprenais pas à quoi ça servait. Surtout, je ne voyais pas comment une femme pouvait se sentir en sécurité, seule, sans un homme. Que ce soit un père, un ami ou un partenaire à ses côtés. 

Mais je crois que depuis quelques mois, j’ai réussi à la grandir, cette sécurité intérieure. Elle est loin d’être parfaite, mais j’aimerai vous partager ce qui m’a aidé à me sentir en sécurité avec moi-même : 

Faire des choses seule

Oser faire cette randonnée, mais pas n’importe comment : télécharger le tracé, envoyer à ma famille mon itinéraire, les tenir informés, prendre le matériel nécessaire… Afin de me sentir en sécurité. C’est en mettant en place ces actions que, petit à petit, je me sens de plus en plus à l’aise en montagne, seule. 

Oser aller au restaurant, au cinéma, boire un verre, seule. Et le refaire jusqu’à me sentir pleinement à l’aise. Il y a à peine quelques semaines, j’ai fait mon premier restaurant en solitaire. Un vrai restaurant. Entrée, plat, dessert. Sans réseau, bien sûr. Ça a été tellement challengeant. Les 20 premières minutes, j’avais l’impression que tout le monde me jugeait, me regardait. J’étais stressée, je ne me sentais pas en sécurité. Et puis ça s’est calmé. Mon cerveau a compris qu’il ne craignait aucun danger. 

Oser aller faire cette balade en vélo, seule. 

Oser réserver cet Airbnb pour deux nuits, seule. 

Oser faire ce long trajet qui traverse la France, seule. 

Mais toujours en préparant, en prévoyant, afin que tout se passe de façon fluide et sereine. Surtout, afin de s’apporter soi-même cette sécurité, que l’on reporte si souvent sur l’autre. 

Et je crois que c’est important de le dire : ça peut prendre du temps. Ça peut être dérangeant, stressant, les premières fois. Ça demande de la répétition, pour que notre cerveau s’acclimate. 

Gérer des choses seule

C’est ce qui m’a le plus aidé, je crois. 

Des choses bêtes et banales du quotidien, que j’ai réussi à gérer. Rien de compliqué, en soi. 

Réparer mon lave vaisselle, m’occuper de mon cumulus défaillant, aller changer mes pneus, faire les niveaux de ma voiture pour l’entretenir correctement… 

Toutes ces choses-là, que je donnais à mon ancien copain. Je le laissais faire, parce que c’était plus simple. Parce qu’il gérait, et qu’il me déchargeait. Je n’avais pas envie de prendre du temps pour réfléchir à ça. Il faisait. 

Au début, ça a été la panique. Je l’appelais presque chaque semaine pour lui demander comment régler mon chauffe-eau, quel était ce voyant rouge allumé sur ma voiture… Je l’appelle encore parfois, ce serait mentir de dire le contraire. 

Mais depuis quelques mois, je vois vraiment la différence. À chaque fois que j’ai réussi à gérer un petit quelque chose, un truc bête mais que je ne savais pas faire et qui me semblait relever du « domaine des hommes », je me suis sentie fière. 

J’avais cette sensation que je pouvais compter sur moi-même. Que je pouvais me gérer. 

C’est agréable, bien sûr, de savoir que l’on peut toujours demander à l’autre de nous aider. Mais qu’est-ce que c’est libérateur, et sécurisant, de savoir que l’on peut s’en sortir seule. 

Savoir qui je suis 

J’ai remarqué que ce qui était extrêmement sécurisant et apaisant chez mon ancien copain, c’était le fait qu’il sache parfaitement qui il était. Il était posé, stable, bien dans ses bottes. 

Je ne dis pas que je sais exactement qui je suis aujourd’hui. Mais je le sais de plus en plus. 

J’ai fait les boutiques, et j’ai acheté les vêtements qui me faisait plaisir. J’ai trouvé mon style, en dépit de ce que pouvaient penser les autres. 

J’ai fait les excursions dont j’avais envie, celles qui me faisaient plaisir. J’ai compris ce que j’aimais, et ce que j’aimais moins. J’ai compris quelles activités j’aimais faire, quel genre de week-ends j’aimais passer, quel genre de rythme j’aimais avoir… 

En testant, en essayant, en me trompant. 

J’ai fait beaucoup de choses, ces derniers temps. Je n’ai pas arrêté. Mais je crois en fait que je m’expérimentais, je me cherchais. 

Et je me sens beaucoup plus alignée depuis. Je ne me sens plus obligée de dire oui, si je n’en ai pas envie. Je sais ce que j’aime, et ce que je n’aime pas. 

C’est sécurisant, ça aussi. De savoir que l’on peut compter sur soi pour poser nos limites, passer de bons moments et dire non à ce qui ne nous emballe pas. 

Savoir que je trouverai toujours des solutions 

Quand je stresse, je vois toujours mon cerveau imaginer le pire : 

« Et si tu te perds en montagne? » 

« Et si tu n’as plus l’argent pour payer ton loyer ? » 

« Et si tu tombes malade et que personne ne peut venir t’aider ? » 

« Et si tu as un accident? » 

Avant, il y avait toujours cette soupape de sécurité. Cet homme à mes côtés. Une illusion, en réalité. Car je réalise désormais qu’il existe des centaines d’autres options (quelle responsabilité je lui faisais porter, quand j’y repense). 

Ce que je fais, dans ces moments-là, c’est que j’écris. J’écris les solutions que je pourrais trouver si le pire du pire se produisait. 

« Si j’ai un accident, je peux appeler mes parents. Ils sont loin mais pourront prévenir quelqu’un. Je peux aussi appeler mes collègues, qui n’habitent pas loin. En réalité, il y a toujours quelqu’un à appeler ». 

« Si je n’ai plus de rentrée d’argent (et que je ne peux pas compter sur un partenaire pendant quelques mois), j’ai confiance que je me débrouillerai pour trouver quelque chose d’autre. Un travail, le temps de me retourner ». 

Ça peut paraître anodin, mais ça m’a tellement aidé. De me rendre compte que je serai toujours capable de trouver des solutions, mes propres solutions, et que je n’ai pas à attendre d’un homme qu’il les trouve pour moi.

C’est empouvoirant, libérateur et sécurisant. 

J’espère que cet article vous a plu. Personnellement, c’est encore un long chemin, cette sécurité intérieure. On ne nous l’apprend pas à l’école. Alors, par défaut, on la fait porter à quelqu’un d’autre. À un homme, de mon côté. 

C’est un réel cheminement de confiance en soi, de responsabilisation et d’activation de notre part plus masculine. Celle qui gère, celle qui organise, celle qui sécurise. 

Mais qu’est-ce que c’est épanouissant, aussi, de lui laisser de la place. De ne pas l’étouffer. De ne pas la limiter. 

Je vous embrasse fort, 

À mardi prochain !

Florine 

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