(Ne pas) lui laisser la place d’être un homme à mes côtés : l’erreur que j’ai faite dans ma relation passée

Je pense que vous l’avez compris, une de mes anciennes relations m’a brisé en mille morceaux. Je suis sortie de là vidée. Tout était à faire, tout était à reconstruire. 

J’ai tellement été blessée que je me suis dit « plus jamais ». Alors dans ma relation d’après, j’ai mis des barrières. 

Je lui ai dit que j’étais indépendante, et que je n’avais pas besoin de lui dans ma vie. 

Je lui ai dit que je pouvais faire les choses sans lui, et qu’il n’était pas utile ou nécessaire à ma vie. 

Je lui ai dit que si je le voulais je pourrais partir, et qu’il n’avait aucune prise sur moi. 

J’ai tout fait pour rester libre, parfaitement libre. 

J’ai crié mon indépendance, mon non-besoin d’être avec un homme. 

« Je n’ai pas besoin de toi » 

« Je peux me débrouiller sans toi » 

« Tu n’es que la cerise sur le gâteau » 

Je réalise seulement maintenant l’impact de mes mots sur ma relation.

Je ne pense pas qu’ils soient à l’origine de notre rupture. Mais j’ai compris que dès le début, je ne lui avais laissé aucune place : au nom de l’indépendance, je lui ai crié au visage que je n’avais pas besoin de lui. Et ça peut être aussi futile que lorsqu’il voulait m’aider en portant mes affaires, en me montrant comment dévisser une vis ou en me prêtant sa veste parce que j’avais froid. 

Mais je comprends maintenant que je ne lui ai pas laissé la place d’être un homme à mes côtés. Et un des besoins fondamentaux des hommes, je ne l’ai appris qu’après, c’est de se sentir utile.

Je crois que nous, en tant que femmes, souhaitons plus que tout au monde nous sentir belles, désirées. Nous sentir comme la femme la plus unique au monde dans ses yeux.

Et en lui disant qu’il ne m’était pas utile, que « sans lui, ce serait pareil », c’est un peu comme s’il me criait au visage que je n’étais qu’une banale fille dans sa vie. 

« La pire chose que tu puisses dire à un homme ou lui faire ressentir, c’est qu’il ne te soit pas utile ». C’est ce que j’ai retenu de plusieurs livres et formations que j’ai faites sur ce sujet. 

Au début, j’étais en résistance. Au nom du féminisme, je refusais de lui donner ce plaisir.

Je refusais catégoriquement d’être vulnérable et de lui dire « oui, j’ai besoin que tu m’aides » ou « oui, j’ai besoin de toi, j’aimerai que tu me prennes dans tes bras parce que ça ne va pas ». 

Je voulais me prouver (et lui prouver) que je pouvais y arriver sans lui. Qu’il ne m’était pas indispensable. Qu’avec ou sans lui, c’était pareil. Autrement, je voyais ça comme de la dépendance.

Et je voulais l’éviter à tout prix. Car dépendance rimait avec relation toxique, souffrance et malheur. 

Sauf que je suis allée à l’extrême opposé. Et je l’ai bridé. Émasculé. Je ne l’ai pas traité à la hauteur de ce qu’il m’apportait. Je l’ai traité comme un garçon, et non comme un homme. J’ai refusé de voir son importance dans ma vie, son utilité, et je lui ai ôté tout son pouvoir. 

Je comprends mieux pourquoi, en retour, je ne me sentais pas comme la plus belle femme du monde à ses côtés. Comment aurait-il pu, alors que je lui faisais ressentir sa petitesse constamment. 

Ce n’est en rien pour me blâmer ou me flageller que j’écris cela. Je n’ai aucun regret. Mais je pense profondément que c’est important de reconnaitre ses erreurs, ce qu’on aurait pu mieux faire et éviter de les répéter dans le futur.

Je pourrais rester dans ce schéma de pensée “Il ne m’a pas traité à ma juste valeur, il ne me méritait pas”. Et point. Mais qu’est-ce que j’aurai vraiment appris ? Oui, se séparer de quelqu’un quand on ne se sent pas traitée à sa juste valeur est, je pense, une bonne décision. Et déjà une immense partie du chemin. 

Mais je crois profondément que ce schéma se serait reproduit, d’une façon ou d’une autre. Peut-être qu’il se reproduira d’ailleurs, on ne sait pas.

Pourtant j’ai la conviction qu’en comprenant mes erreurs, ma future relation sera différente. Car j’ai profondément compris l’importance de valoriser l’homme auprès duquel on est. Et ce n’est pas “être faible”, “être trop amoureuse”, “être trop sensible”, c’est juste apprécier d’avancer aux côtés d’un homme solide, qui nous porte, nous aide et nous est utile. 

Et l’utilité peut prendre différentes formes, pas seulement physiques. Avec mon ancien compagnon, j’ai par exemple beaucoup appris sur les matières scientifiques. Il m’a expliqué beaucoup de concepts chimiques et physiques (un monde totalement différent du mien, auquel je ne m’étais jamais intéressée).

Il m’a aussi beaucoup appris sur la montagne : les règles à respecter, comment suivre un tracé, repérer les empreintes de tel animal, quel comportement adopter quand on croise un chien de troupeau, ou même tout simplement monter une tente. 

Et je crois que je ne l’ai pas assez admiré pour cela. Je crois qu’un homme a besoin de se sentir le roi du monde à nos côtés. C’est drôle, comme j’ai l’impression de dire quelque chose de grave et anti-féministe en écrivant ça.

Mais n’avons-nous pas, nous-même, besoin de nous sentir la reine du monde à leurs côtés ? 

Je me demande réellement : pourquoi devrait-il en être différemment ?

“Les homme sont forts”

“Les hommes ne sont pas sensibles”

“Les hommes détestent quand les femmes sont trop culculs”.

Moi je crois surtout que les hommes aiment - comme nous, les compliments, être valorisés, être appréciés et remarqués pour ce qu’ils nous apportent. Et s’ils ne laissent rien transparaître, c’est peut-être parce qu’on leur a toujours appris à “être fort et ne rien montrer”. 

Je veux arrêter de les prendre pour des robots sans coeur. Car je crois que, justement, un homme a cette capacité à être un roc, solide et stable, tout en ayant une profonde sensibilité et vulnérabilité. 

C’est en tout cas la vision de l’homme que je choisis de voir. Et qu’est-ce qu’elle a permis d’apaiser mon rapport aux hommes.

Plutôt que de voir la relation comme une perpétuelle tension entre “qui sera le plus dépendant”, “qui gardera le plus de liberté”, je la vois désormais comme deux êtres avec des besoins différents mais pas moins importants pour autant. 

Comme un espace dans lequel deux personnes vulnérables se rencontrent et viennent guérir, panser et transmuter leurs blessures. 

Comme un espace dans lequel chérir l’autre est aussi important que de se chérir soi, car l’un ne va pas sans l’autre.

J’espère profondément que ces lignes auront pu vous faire réfléchir, vous aider. J’espère aussi qu’elles seront bien interprétées, car ce n’est pas un sujet facile à aborder.

À une ère où les relations homme - femme sont de plus en plus tendues et entachées de violences et d’abus, il peut être difficile de mettre de la lumière sur une vision plus vulnérable, plus apaisée et plus sensible. Sans occulter la première, je choisis simplement de poser des mots sur les enseignements qui me permettront un jour, je l’espère, de vivre une relation se rapprochant de cette vision. 

Je vous embrasse, 

À mardi prochain, 

Florine 

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