Le mythe du “bon coup”
La dernière fois, en pleine discussion, ma copine m’a dit « J’ai peur d’être un mauvais coup ».
Ça m’a frappé, comme on se met la pression sur ce sujet.
Et encore plus pour les hommes que pour nous, les femmes, je sais.
En soi c’est vrai.
Il y a une telle injonction pour eux à être « un bon coup », à assurer.
En tant que femme je serai assez mal placée pour en parler, mais je crois voir à quel point ça se répercute sur nous, en tant que femmes.
Parce que je l’ai eu, aussi, cette pensée.
Parce que je l’ai eu, aussi, cette pression de la première fois.
« Il faut que je gère »
« Il ne faut pas que je sois une étoile de mer. Mais attention, il ne faut pas que j’en fasse trop non plus »
« Il faut que je prenne du plaisir, mais sans être ridicule »
« Il faut que je sois belle, à mon avantage, entreprenante mais sans en faire trop non plus »
Wow.
Comment ne pas être coupée de son plaisir quand on a toutes ces pensées en trame de fond.
Comment être 100% à l’aise avec la personne en face, quand on se demande sans cesse si ça lui va.
Le pire dans tout ça, c’est que je suis intimement convaincue qu’être un « bon coup » n’a strictement rien à voir avec certaines « techniques », certains mouvements et certaines « compétences » qu’il faudrait connaître.
Je pense sincèrement qu’un homme peut être un bon coup pour une femme, et un terrible coup pour une autre. Et inversement.
Pas parce qu’il ou elle est nul.le, loin de là.
Mais parce que je pense vraiment que c’est une histoire de connexion. Quelque chose qui ne s’explique pas entre deux personnes.
Le feeling, le ressenti, l’odeur, la poigne, le parfum, le toucher…
Ça se joue à peu de choses. De choses de l’ordre du subtil, impalpables.
Je crois qu’on essaie de mettre de la rationalité, de la productivité et de la technique sur quelque chose qui ne l’est profondément pas.
Je crois surtout que parfois, les rapports entre deux personnes peuvent être si simples, si fluides, parce que quelque chose se crée à ce moment là. Ce n’est plus un simple rapport sexuel, mais une véritable connexion.
Alors que parfois, le courant ne passe juste pas.
Il n’y a pas cette alchimie, ce feu, cette fougue.
Plus jeune, j’ai fait l’erreur d’accuser l’homme en question : « il est nul », « je n’ai pris aucun plaisir », « c’est un mauvais coup ».
Une terrible sentence quand j’y pense. Je ne me rendais pas compte de tout ce qui se jouait derrière.
Je ne me rendais pas compte que probablement, il était le meilleur coup d’une autre femme. Et que c’était juste mon point de vue à moi, notre relation à nous qui ne passait pas.
Personnellement ça m’a tellement libéré, de comprendre ça. Parce que je n’ai plus eu ce stress de la performance. Ni pour moi ni pour les hommes.
Je ne réfléchis plus à ce que je devrais faire comme position pour gagner le titre de bon coup.
Je me concentre uniquement sur le fait de prendre du plaisir et honnêtement, ça change tout.
Ça libère un tel espace mental. Ça enlève un tel poids. Et c’est là que le plaisir en est justement décuplé, je crois.
On a essayé de mettre des étiquettes sur un sujet si intime. De donner des points. De le noter.
Mais en réalité comment est-ce possible ?
On se compare, on se met la pression, on a des attentes. Beaucoup trop d’attentes.
Et quand ça ne va pas on se dit que c’est peut être l’autre, en face, qui n’est pas assez bon.
Je pense sincèrement qu’on a désacralisé les relations intimes. Que ce soit dans le cadre d’une relation longue ou d’un coup d’un soir, ça reste une histoire de connexion.
Et on oublie le temps nécessaire pour se connaître, l’un l’autre.
Vous m’excuserez mais les premières fois sont rarement les meilleures.
Parce que justement la connexion n’est pas encore parfaitement établie.
Parce qu’on tâtonne encore, on apprend à se connaître. On teste, on essaye, on se découvre.
Et ça, ça vient avec le temps, généralement.
J’ai tellement longtemps attendu de l’autre qu’il soit parfait, dès le début. Qu’il soit un bon coup.
Mais c’est un mythe que l’on nous fait croire : il n’y a pas de bon ni de mauvais coup.
Il n’y a que des coups qui nous correspondent ou non. Des coups avec qui il y a une connexion, ou non.
C’est aussi simple que cela, je crois.
J’aurai tellement aimer entendre ça plus tôt, personnellement. Pendant 10 ans, je me suis mis la pression. Et j’ai donc mis, en retour, la pression à mes partenaires.
J’aurai aimé ne pas tomber dans cet écueil de la performance, de la productivité.
J’aurai aimé comprendre plus tôt à quel point les relations intimes sont une question, au fond, de spiritualité.
Alors j’espère que cet article aura pu vous parler et surtout vous libérer de ce point, de cette pression que l’on se met.
Je serai ravie de savoir si c’est le cas pour vous aussi. N’hésitez pas à me laisser un commentaire, je les lis tous!
À mardi prochain,
Florine