J’ai toujours été en couple, et je me retrouve seule : se reconstruire et se (re)découvrir après une rupture
Depuis plusieurs mois maintenant, je suis célibataire. Et pourtant, je crois que je viens seulement maintenant de le réaliser pleinement.
Je fais partie de ces personnes souvent en couple dans leur vie. J’ai eu plusieurs longues relations, de 4, 5 et 2 ans. Depuis mes 14 ans, je n’avais été célibataire qu’une seule année.
Pourtant, je n’ai jamais couru après les relations. Elles sont venues à moi, naturellement. Aux remarques « tu enchaînes, restes un peu seule », je répondais toujours que je le voulais bien, mais que mes relations amoureuses se présentaient à moi sans que je demande quoi que ce soit. Et ça aurait été dommage, de leur dire non juste pour ne pas avoir l’air « d’enchaîner ».
Alors depuis adolescente, je me suis construite en étant « en couple ». Je venais accompagnée aux repas de famille, je parlais de mon chéri à mes amies, je répondais aux garçons dans la rue que je n’étais pas intéressée et que de toute façon mon copain m’attendait…
À la fameuse question, « tu es avec quelqu’un? », j’avais toujours quelque chose à répondre. Je me sentais bien, stable.
Même les premiers mois après ma rupture, je me définissais - justement, par celle ci. « Je me suis séparée », « Je ne suis plus en couple, je viens de rompre avec mon copain ». Mais je ne disais pas le mot célibataire.
Ça a pris du temps, pour que je le verbalise. « Je suis célibataire ». Et ça fait bizarre, de se définir d’une nouvelle façon après presque une décennie de couple. C’est comme si on perdait une partie de notre identité.
Car j’ai réalisé que je me suis construite autour de cette image de couple. Une image stable, posée, avec toujours quelqu’un à ramener aux repas de famille.
Je comprends aussi, avec du recul, que depuis ma rupture je m’étais concentrée sur l’après. Sur ma relation future. J’avais commencé à imaginer à quoi elle ressemblerait, quel caractère mon copain aurait, où est-ce qu’on habiterait… Sans le faire consciemment, dès que je rencontrais un garçon, une petite voix dans ma tête se disait « tiens, c’est peut-être lui ».
Je me concentrais sur ce que je pourrai améliorer de ma personnalité, afin d’être dans une relation encore plus enrichissante et apaisée que celles passées. J’écoutais des podcast sur le couple, je regardais des séries sur le couple… Comme si je ne voulais pas accepter mon état : célibataire.
Je pensais sans cesse à la suite, au prochain. Je pensais sans cesse au fait d’être la meilleure pour, justement, attirer “le bon” cette fois-ci. Mais ce que je ne voyais pas, au fond, c’est que je refusais juste d’être seule.
En me projetant dans ma prochaine relation, je n’acceptais pas d’être célibataire, là, à l’instant T. Et comment pourrais-je me blâmer? Après toutes ces années à être en couple, je ne connaissais que ça. C’était la suite logique, de trouver quelqu’un. Inconsciemment, je n’avais même pas d’autre modèle hormis celui ci : on se sépare, puis on trouve quelqu’un d’autre. Le fait d’être célibataire, vraiment célibataire, n’était même pas une option.
Je l’ai profondément réalisé lorsque que je suis arrivée seule, cette année, au repas de Noël. Là, ça m’a fouetté : je suis seule, et je vais sûrement le rester pour quelques temps encore.
Les derniers jours de 2024 ont été très intenses pour moi. Parce que 3 mois après ma rupture, je crois que j’ai enfin accepté d’être célibataire. Sans penser à après. Sans vouloir retrouver quelqu’un. Juste être seule, pour une durée indéterminée.
Parce que durant ces 3 mois, j’étais seule mais c’était « la norme ». Je le voyais comme un temps de latence entre mon ancienne relation et ma future. Un temps de repos essentiel. Pas vraiment comme une phase de célibat. Il ne me serait même pas venu à l’idée de rester célibataire pendant une année. Pas que ce soit quelque chose que je contrôle, mais je ne le concevais même pas.
Alors là, réellement, je réalise que je suis célibataire. Et pour la première fois de ma vie, je ne pense qu’à moi. Je ne pense plus à ce qu’il y aura après. Non, je me focalise sur moi, mes projets, mes loisirs, mes envies. Ça aussi, c’est une nouvelle façon de penser. Une nouvelle façon de vivre, même.
Ayant toujours vécu en couple, ma vie a toujours tourné autour de nos projets à deux. Si j’avais une semaine de vacances, je lui demandais où est-ce qu’on pourrait partir. S’il me restait de l’argent à la fin du mois, je nous offrais une sortie au restaurant. Si j’avais des cadeaux à faire, je lui proposais de les acheter tous les deux…
Alors c’est vraiment un tout nouveau monde, pour moi. Un monde dans lequel mes relations familiales et amicales prennent plus de place, un monde dans lequel mon salaire ne part (presque) que pour moi, un monde dans lequel mes projets sont au centre de mes priorités.
J’ai perdu un pilier et je pensais pouvoir rapidement le remplacer. Je croyais que ce serait un autre homme, qui prendrait le relais. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit moi-même, finalement, mon nouvel allié.
Aujourd’hui tout particulièrement, j’espère que cet article résonnera.
À toutes ces personnes qui se retrouvent célibataires,
À toutes ces personnes qui ont longtemps été définies - et se définissent peut-être encore, par leur couple,
À toutes ces personnes qui apprennent à vivre seules, chaque jour.
À mardi prochain,
Florine