Les injonctions autour du Nouvel An

Ça y est. Début décembre, tout le monde commence à s’exciter.

« Tu le fais où le Nouvel an ? Avec qui ? Tu as acheté ta tenue ? ». 

Et je les comprends. Moi-même, je pose ces questions. C’est tellement ancré, tellement évident, de fêter la nouvelle année. Depuis le collège, j’entends ces questions. C’est devenu notre normalité. 

Plus jeune, au lycée, on commençait à préparer cette fête dès début novembre. Le lieu, les invités, le thème, la tenue. À s’en mettre la pression, pour une seule soirée. Souvent en-deçà de nos attentes, par conséquent. 

Aujourd’hui, j’ai 27 ans, et c’est encore difficile de s’en détacher. Pourtant, depuis plusieurs années, je le fête à deux seulement. Avec mon (ancien) copain. 

L’année dernière, on était allés au cirque de Gavarnie, dans les Pyrénées, pour y passer la nuit. C’était une sensation magique, de se réveiller dans la montagne. Avec la neige, avec le froid. Pas d’artifice, juste la nature. 

Mais cette année c’est différent. Cette année je suis seule. Et pour la première fois, j’ai envie de le passer seule. De me faire une excursion, à la mer ou à la montagne, et de le fêter là-bas. De commencer l’année de cette façon. Je pense que ce serait une belle façon de célébrer 2024, ses enseignements et le renouveau de 2025 à venir. 

Mais ce n’est pas évident. D’oser l’assumer, d’oser le dire. D’aller à l’encontre des injonctions. De voir le regard de pitié des gens. De devoir se justifier, pour dire que c’est ok. Pour dire que c’est voulu. 

Parce que dans les yeux du monde, ça fait triste, de passer le Nouvel an seule. Avec son copain, à la limite, c’est romantique. Et encore. Mais seule, c’est étonnant. 

Pourtant, je suis persuadée que c’est une injonction. Peut-être qu’une année je voudrais le passer avec des amis, une autre avec mon chéri et une autre avec moi-même. C’est bizarre, cette façon qu’on a de s’imposer avec qui célébrer cette fête. Noël, c’est en famille ; Le Nouvel An, c’est avec les amis. Et pourquoi ne pourrait-on pas faire différemment ?

J’ai pourtant préféré mon Nouvel an l’an dernier, dans les montagnes, à beaucoup de soirées arrosées que j’ai passées il y a quelques années. Pourtant, j’étais entourée de mon groupe d’amis. Tout aurait dû être « parfait ».

Je crois que le plus difficile est de s’écouter, vraiment. « De quoi j’ai envie, cette année? Profondément ». Et la réponse peut varier. 

Personnellement, j’ai décidé de me donner la liberté de le passer en solitaire. Et de changer d’avis, si jamais. Mais en tout cas, d’ouvrir la palette de possibilités. De ne pas me limiter, « parce qu’il faut », « parce que c’est bizarre », « parce que c’est ce qui se fait ». Ces règles n’ont plus de sens, désormais. C’est en s’en affranchissant qu’on trouve le goût de la liberté. Même si ce n’est qu’une petite bouchée. 

Avec ces mots, j’espère profondément déculpabiliser toutes ces personnes qui, comme moi, se sont longtemps conformées (et se conforment encore, peut-être), aux règles préétablies de la société. C’est normal, de se sentir décalée. C’est normal, parfois, de ne pas arriver à s’écouter. Mais je crois aujourd’hui que ce n’est pas normal de se forcer. Seulement parce que c’est ce qu’il faut faire. Seulement parce que c’est la normalité. 

À mardi prochain!

Florine

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