Quitter quelqu’un c’est compliqué (on en parle pas assez) 

Ça ne m’est arrivé qu’une seule fois. 

Pour mes deux dernières relations, c’était un accord commun. 

Pourtant je suis persuadée que même quand c’est une décision mutuelle, une partie de nous doit tout de même prendre la décision.

Décider que c’est terminé. 

Parce qu’il y a toujours des moments de doute.

Est ce que j’ai vraiment pris la bonne décision ? Est ce que je ne vais pas regretter ?

À moins que ce ne soit pas l’autre, en face, qui les pose. 

Et c’est dans ces moments là qu’il faut savoir se remémorer pourquoi. Se remémorer pourquoi c’est fini.. 

Depuis toujours, naturellement, lorsqu’une personne me raconte qu’elle s’est faite quitter, j’ai de la peine pour elle. 

À l’inverse, si elle me dit que c’est elle qui a pris la décision, je suis neutre. En tout cas je n’imagine à aucun moment sa souffrance, ses doutes et ses remises en question.

J’ai toujours cette idée reçue qu’elle est sûre d’elle, confiante.

Tandis que l’autre est la victime de l’histoire. 

Pourtant je pense profondément que ce sont seulement des schémas de pensée préconçus. Dans lesquels on imagine un bourreau d’un côté, et une victime de l’autre. 

En réalité je crois que ce n’est rien de tout ça. Je pense que les personnes qui ont déjà du prendre ce genre de décisions me comprendront.

Et ça peut même parfois être compliqué : car quand on a décidé que c’était terminé, c’est difficile d’assumer être triste, d’assumer se poser des questions, d’assumer avoir toujours des sentiments. 

Il y a toujours ce « oh, ça va, au moins c’est ta décision ».

Mais c’est justement si dur de la prendre. De prendre la responsabilité de la fin de la relation. De prendre la responsabilité de la souffrance de l’autre. 

Je crois même qu’on a encore plus de doutes, encore plus de questions qui nous empêchent de dormir la nuit.

Est-ce que je fais le bon choix ? Qui revient en boucle.

Et c’est justement si difficile, de prendre une décision rationnelle lorsqu’on est toujours attaché à quelqu’un.

C’est difficile de savoir qu’on va la rendre triste.

Qu’on va mettre fin à des projets communs.

À des rêves communs. 

Ce n’est pas si facile d’oser dire à quelqu’un, dans les yeux, « je ne veux plus continuer avec toi ».

Ça demande du courage, de la force et tellement de confiance dans sa propre décision. 

Je crois que ce qui est difficile lorsqu’on se fait quitter, c’est le sentiment d’impuissance.

Le fait de ne pas avoir - vraiment, son mot à dire.

Être obligé de laisser partir l’autre, alors que nous l’aimons encore.

Être obligé d’accepter sa décision. 

En revanche je crois profondément que ce qui est difficile lorsque l’on quitte une personne, c’est le lot de questionnements, de doutes et de potentiels regrets qui va avec.

Même si on a longtemps réfléchi à la décision. 

Je sais que personnellement, avant de me séparer de mon ancien copain, ça m’a trotté pendant 6 mois dans la tête.

Je me posais des questions, je pesais le pour et le contre, j’essayais de trouver des solutions. 

Pourtant quand on a pris la décision, ça a été tout de même dur. J’ai tout de même hésité, j’ai tout de même demandé si on ne faisait pas une connerie, j’ai tout de même demandé si on ne devrait pas tout effacer. 

Et je crois que c’est normal.

Je crois que c’est sain de douter, car ce n’est pas rien.

On se sépare d’un pilier, d’une personne avec qui on avait des projets, d’une personne qu’on voyait chaque jour et qui connaissait notre intimité.

Ça ne peut pas laisser de marbre, du moins je crois

Ça demande d’être certain de sa décision, tout en sachant que des doutes nous assailliront. 

J’espère que ces lignes auront pu vous déculpabiliser et vous faire sentir plus leger.e. Je sais à quel point ça peut parfois être difficile d’être dans la position de la personne qui quitte, du “méchant”. Pourtant c’est tout aussi douloureux et ça ne veut pas dire qu’on ne souffre pas pour autant.

Je vous embrasse fort,

À mardi prochain,

Florine

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